Comment Ombra choisit, calcule et chiffre
Ombra promet d’expliquer chaque arrêt. Cette page explique le reste : d’où viennent les lieux, comment l’ombre est estimée, ce que pèse chaque critère du classement, et sur quels prix les montants sont calculés. Les limites y figurent au même titre que les calculs.
D’où viennent les haltes
Toutes les haltes qu’Ombra connaît viennent d’OpenStreetMap, dans un extrait de la France entière. Plus de cinq cent mille lieux y sont retenus : tables de pique-nique, aires de repos, abris, toilettes, points d’eau, parkings, aires de jeux, cafés, restaurants et boulangeries.
Un lieu entre en base s’il rend au moins un de ces dix services. Les trois traits d’accessibilité — accès en fauteuil roulant, table à langer, chiens admis — comptent ensuite dans le choix, sans jamais suffire à faire entrer un lieu : les pharmacies, les mairies et les écoles les portent autant que les aires de pique-nique, et les traiter comme les autres aurait fait d’Ombra un annuaire capable de proposer une pharmacie pour déjeuner.
Restent dehors les lieux qu’aucun de ces services ne décrit, les étiquettes de la carte qu’Ombra ne lit pas, et les lieux dessinés en surface quand le service n’a de sens qu’en un point — une table de pique-nique tracée en polygone existe dans la carte, mais son centre tombe au milieu d’une aire entière.
Un lieu que le moteur d’itinéraire ne sait pas relier au réseau à moins de cent cinquante mètres est rejeté plutôt que raccroché à une voie quelconque. Le détour affiché à côté ne voudrait plus rien dire, et une aire inaccessible paraîtrait coûter trois minutes.
Comment l’ombre est estimée
L’ombre est calculée, jamais mesurée. Trois sources peuvent répondre, de la plus sûre à la plus grossière, et la première qui répond l’emporte. Celle qui a servi est affichée avec chaque arrêt, accompagnée de sa fiabilité.
- Un abri déclaré sur place
- La carte dit qu’il y a un toit. La source la plus fiable, sans être certaine pour autant : un abri peut avoir été démonté, ou ne couvrir qu’une partie du lieu.
- La position du soleil et les obstacles cartographiés
- La hauteur du soleil à l’heure de votre passage donne la longueur de chaque ombre portée ; les arbres et les bâtiments du voisinage lui donnent sa forme. Le lieu est représenté par un disque de huit mètres de rayon, parce que personne ne sait au mètre près où les tables sont posées.
- Le type de terrain autour
- Un filet, quand rien n’est cartographié finement : un bois, un parc, un terrain découvert. On sait alors que le lieu est sous les arbres sans savoir où sont les arbres, et la fiabilité affichée le dit.
- Soleil couché, ou trop bas
- En dessous de douze degrés d’élévation, le calcul s’arrête. La longueur d’une ombre portée vaut la hauteur de l’obstacle divisée par la tangente de l’angle du soleil : à cinq degrés, un arbre de douze mètres en projette cent trente-sept, bien au-delà du voisinage examiné. Poursuivre ferait conclure « pas d’ombre » au moment précis où tout est à l’ombre. Tous les lieux reçoivent donc la même valeur, et l’ombre cesse de départager quoi que ce soit.
- Aucune source exploitable
- Quand aucune des trois ne répond, Ombra l’écrit et le dit franchement à côté de l’arrêt. Une valeur moyenne inventée se propagerait dans la note sans laisser de trace.
Les hauteurs absentes de la carte sont prêtées : douze mètres pour un feuillu, quinze pour un conifère, dix quand l’essence est inconnue, deux niveaux de trois mètres pour une maison de village. Écarter un bâtiment faute d’étiquette reviendrait à affirmer qu’il ne projette aucune ombre, ce qui serait plus faux. Une hauteur devinée fait baisser la fiabilité d’autant.
Lorsque vous exigez de l’ombre plutôt que de la préférer, le seuil est à soixante pour cent de la surface du lieu. Plus bas, des aires peu ombragées passeraient pour ombragées — et cette erreur-là ne se découvre qu’une fois sur place.
Ce qui fait la note d’une halte
La note d’une halte est une somme pondérée de six critères, et de rien d’autre. Chacun se lit séparément, avec sa valeur et son poids, pour la halte retenue comme pour toutes celles qui ont été écartées.
| Critère | Poids |
|---|---|
| Le détourCe que la halte vous coûte en minutes, rapporté au détour maximal que vous avez accepté. Le critère dominant, parce que c’est la contrainte que vous exprimez en premier et celle que vous ressentez le plus. | 0,30 |
| L’ombreLa fraction ombragée estimée à votre heure d’arrivée. Retiré quand vous n’en demandez pas, quand le soleil est couché et quand le ciel est couvert. | 0,25 |
| L’heure d’arrivéeL’écart entre l’heure à laquelle vous arriverez et celle que vous avez demandée, rapporté à la largeur du créneau. | 0,15 |
| Les services souhaitésLa part de vos souhaits que la halte couvre. Les services qui répondent au même besoin comptent pour un : une table, un café, un restaurant et une boulangerie sont quatre façons de déjeuner, et un village pourvu des quatre ne déjeune pas quatre fois. | 0,15 |
| La fiche du lieuCe que la carte sait du lieu : horaires, services, accessibilité. Une fiche complète monte, et n’importe qui peut compléter n’importe quelle fiche — l’enrichissement est gratuit et ouvert à tous. Le jour où il deviendrait payant, ce critère serait un classement qui s’achète. | 0,10 |
| La tranquillitéLa distance à la route passante la plus proche : note nulle en deçà de trente mètres, pleine au-delà de quatre cents. Le seuil haut valait cent cinquante mètres jusqu’à ce qu’on le mesure — quatre lieux d’Auvergne sur cinq le dépassaient, donc tous ex æquo, pendant qu’une table posée à cent soixante mètres d’une autoroute décrochait la note maximale. | 0,05 |
Ces poids sont des valeurs de départ, que le contexte module. Un critère qui n’a rien à dire disparaît de la note au lieu d’y valoir zéro, et le poids des autres est recalculé pour que les totaux restent comparables d’un arrêt à l’autre. Son absence se lit dans le détail du score.
Vous pouvez demander la comparaison de la halte retenue avec n’importe laquelle de celles qui ont été écartées. La réponse donne la différence, critère par critère, dans les mêmes termes que ci-dessus.
Pourquoi aucune place ne s’achète
Ces six critères sont les seuls qu’une note puisse contenir. La liste est fermée dans le code : une ligne « partenaire », « sponsorisé » ou « mise en avant » ne peut pas y être écrite, et un test le vérifie à chaque passage de la chaîne d’intégration.
Au moment de choisir vos haltes, Ombra ne sait pas lesquelles sont tenues par un partenaire. Un commerçant peut nous signaler ses horaires et compléter sa fiche : cela lui vaut une meilleure fiche, et vous le verrez écrit, mais jamais une meilleure place.
Sur quels prix les montants sont calculés
Les montants affichés reposent sur des prix fixes, relevés à la main le et figés depuis. Un prix rafraîchi chaque jour ferait varier le coût d’un trajet conservé alors que rien du trajet n’aurait bougé : un plan rouvert dans six semaines affiche le même chiffre que le jour où vous l’avez calculé.
| Hypothèse | Valeur retenue |
|---|---|
| Véhicule supposé | Une citadine essence : 6,5 l aux cent kilomètres sur autoroute, 5,2 sur route. Vous pouvez en déclarer un autre — berline diesel, SUV, électrique, camping-car, moto. |
| Essence | 1,75 € le litre |
| Gazole | 1,65 € le litre |
| Électricité | 0,25 € le kilowattheure, entre la prise du domicile et la borne rapide |
| Péage | 0,10 € du kilomètre d’autoroute payante, classe 1 |
Toutes ces approximations penchent du même côté, et c’est voulu. Le carburant d’autoroute coûte vingt à trente centimes de plus au litre qu’au village, et le trajet évité est chiffré au prix du village. Une citadine consomme moins que la moyenne du parc, donc l’économie calculée est plus petite que la vôtre. Nous préférons annoncer un gain prudent et le tenir.
Le tarif au kilomètre ignore quelle société concessionnaire vous auriez traversée : le moteur d’itinéraire ne la nomme pas. En revanche les vingt autoroutes françaises gratuites sur toute leur longueur sont retirées du calcul, et le viaduc de Millau y est ajouté à part — concédé au milieu d’une autoroute qui ne l’est pas, il se paie même quand le reste du trajet est libre.
Ce qu’Ombra ne sait pas encore dire du temps
Le moteur d’itinéraire calcule des durées en flux libre : il suppose qu’on roule à la vitesse autorisée, sans rien retrancher pour les traversées de village, les carrefours et le tracteur de dix-neuf heures. Sur un Annecy — Solignac-sur-Loire, il annonce quatre heures huit là où Google en compte cinq et demie. Toute cette famille de moteurs est optimiste, d’environ un quart.
Le correctif est écrit et attend ses mesures. Aucun service gratuit ne rend les durées réellement observées, et douze itinéraires de référence restent à relever à la main. Tant que c’est le cas, Ombra affiche les durées de son moteur sans les corriger, et nous le disons ici plutôt que de laisser croire à une précision qu’elles n’ont pas.
C’est pourquoi la page d’accueil annonce un rapport et non une durée. Sur quatre-vingt-onze trajets auvergnats, routés deux fois par le même moteur — une fois tout permis, comme le ferait n’importe quel GPS, une fois avec les évitements d’Ombra — l’itinéraire sans autoroute demande en médiane 1,13 fois plus de temps. Un quart des trajets dépassent 1,30, et les pires approchent 1,75, tous dans le Massif central.
Deux réserves sur ce rapport, et elles valent d’être dites avant qu’on le cite. Il vaut pour l’Auvergne, où le réseau autoroutier est clairsemé et où le relief impose aux départementales des détours qu’elles n’ont pas en plaine ; une mesure francilienne dirait autre chose. Et il minore : l’optimisme du moteur frappe plus durement une départementale qu’une autoroute, dont la vitesse déclarée est proche du réel. L’écart véritable est donc un peu plus grand que 1,13.
La distance, elle, a été mesurée sur le même échantillon, et elle surprend plus : l’itinéraire sans autoroute était le plus court cinquante-six fois sur quatre-vingt-onze, et sa distance médiane vaut 0,95 fois celle de la référence. L’autoroute contourne ce que la départementale traverse.